Nom et prénom : Demetrius Pandora
Age : 1999 ans
Caste : Vampires
Vestiges du passé
Première fiche :Histoire : Pandora est née dans la Rome antique, fille d'un riche sénateur, dont la mère est morte en couches. Cadette d'une famille composée uniquement de garçons, elle fut obligée de partager ses sentiments entre un père dont elle était très proche, qui la choyait au détriment de ses autres enfants, et de frères qui lui menaient la vie dure, l'ayant rendue responsable de la mort de leur mère.
La situation des plus enviables de son père lui a permis d'étudier dans les plus grandes écoles de la cité de Rome, et fut une adolescente très cultivée pour son âge. Afin de la préserver d'un mariage précoce, pratique courante à cette époque, son père prit un jour la décision de l'exiler à Antioche, malgré ses protestations et ses supplications. Rien n'y fit, et c'est ainsi qu'elle prit un bateau, un matin de printemps, pour aller vivre parmi des cousins éloignés. Ce fut là sa première déception.
Elle put poursuivre son éducation avec un précepteur qui lui avait été imposé par son oncle à Antioche, et menait une vie sereine parmi les nombreux cousins et cousines tous plus adorables les uns que les autres. La vie sociale de son oncle était quelque peu agitée, et les soirées où la maison était remplie de monde n'étaient pas rares. Ce fut lors d'une de ces soirées qu'elle apprit la trahison de son frère, et la mort de son père, qui n'avait pas supporté d'assister à la chute de sa famille, impuissant. Pandora prétextait souvent des migraines ou autre occupations pour tenter d'y échapper, elle n'était pas dupe. Son oncle voulait absolument la marier, le plus rapidement possible, afin de ne plus l'avoir à sa charge.
Un soir de printemps, où elle n'avait pas eu d'autre choix que d'y assister, son oncle lui présenta un homme de dix ans son aîné, Julien, au charisme puissant, et dont l'érudition fit tomber les méfiances de Pandora envers la gente masculine. Ils se rencontrèrent plusieurs fois, uniquement le soir, et même si cela l'avait intriguée plus d'une fois, elle avait fini par ne plus y prêter attention. Ces sorties lui permettaient d'échapper au harcèlement de son oncle, dont le ravissement à l'idée de s'en débarrasser grandissait chaque jour. Lors de l'une de leurs escapades, il voulu lui faire découvrir les falaises qui surplombaient la méditerranées, lui indiquant que leurs épousailles se dérouleraient là bas. Pandora ne songeait pas au mariage, mais la crainte de le décevoir se fit plus forte, et elle le suivit. A des dépends… quelques minutes après leur arrivée, le visage de Julien se transforma subitement. Il était méconnaissable, il n'était plus l'homme que Pandora avait tant admiré ces dernières semaines, il n'était plus celui qu'elle avait même commencé à aimer. Il se jetta sur elle, et la douleur qu'elle ressentit au cou fut semblable à celle d'un poignard qui lui transperçait la chair. Il la laissa là, inconsciente, presque morte. C'est ce soir là qu'elle reçut le sang ténébreux, sans autre forme d'explication. A son réveil, elle avait un goût étrange dans la bouche, et l'agitation de la maison était à son comble. Les nuits qui suivirent furent des plus atroces, Pandora souffrait, les médecins se succédaient à son chevet sans comprendre le mal qui la rongeait, fuyant même parfois. Lorsqu'elle tua l'une des servantes pour assouvir l'appel du sang, son oncle fut terrifié et la traita de créature du diable. Quelques heures plus tard, elle se retrouva à la rue, en haillons, ne sachant où aller.
Les siècles suivants furent une succession de fuites, de meurtres pour survivre, et de haine envers tous ceux qui l'avaient trahis. Son père, ses frères, son oncle, Julien… jusqu'à ses cousines qui, au lieu de l'aider et la soutenir, l'avaient également rejetée.
Pandora ne restait jamais longtemps au même endroit, les persécutions étaient permanentes, et les quelques congères qu'elle croisait ne survivaient pas longtemps, étaient totalement fous, ou prenaient des risques inconsidérés. Un séjour à Paris plus long que les autres fut des plus agréables, la vie y était sereine et tranquille, la population vaste et peu méfiante, et une communauté de buveurs de sang y avait élu domicile. Lors d'un bal donné par l'un de ses amis, elle fit la connaissance de Mina, jeune femme douce et romantique, qui se languissait de sa vie de mortelle mais qui n'était pas faible pour autant. Elle connaissait son pouvoir, et avait prit goût à l'immortalité. Au grand étonnement de tous, tant leurs personnalités étaient différentes, elle se lièrent d'amitié et passaient le plus clair de leur temps ensemble. Elles pensaient sincèrement pouvoir vivre définitivement dans cette ville aux mille plaisirs, mais le destin en fut autrement. La communauté fut anéantie, sans qu'elles n'en connaissent plus précisément les raisons, ni comprendre pourquoi elles avaient survécu au massacre.
Elles prirent la route du nouveau monde, où, disait-on, tout y était facile et où on ne posait pas de questions quant au passé des arrivants, et arrivèrent par une belle nuit étoilée à la Nouvelle-Orléans.
Les premiers jours furent difficiles, elles n'avaient pas de quoi se loger, et dormaient la plupart du temps dans des hôtels de petite réputation, faisant tout ce qui était en leur pouvoir pour ne pas attirer l'attention. Un soir de retour de chasse, elles trouvèrent une superbe villa victorienne abandonnée, et s'y installèrent. Personne ne posa de questions. La vie s'y écoula paisiblement, jusqu'à cette terrible nuit qui fut leur dernière fuite. Le hasard les conduisit aux abords de cette ville fantôme, qu'elles restaurèrent avec l'aide des bohémiens vivant au camp à proximité.
La suite, c'est aujourd'hui…
Seconde fiche (Syberia - 2039) :
L’aube blanche et froide s’arracha au rebord du monde, pour emporter avec elle les derniers rêves. Derrière une fenêtre, dans un lieu inconnu de tous, une silhouette se détache derrière de sombres rideaux, qui la protègent du jour naissant. Elle observe, sans mot dire, sa longue chevelure de jais dissimulant un visage aux traits figés, impassible. Au dehors, des spectres à forme humaine titubaient pour se rendre dieu seul sait où. La rosée se mêlait la fraîcheur saisissante du petit matin, pour contraindre les corps à se recroqueviller dans leur manteau. Pourtant, dans quelques heures, les rayons dorés de Râ inonderaient les visages, et redonnerait du baume au cœur de ses âmes.
Cela faisait plusieurs mois maintenant que personne ne savait où elle était, ni ce qu’elle faisait. Cela faisait d’ailleurs peut être plus longtemps, peu importe, la notion du temps qui s’écoule n’est qu’illusion, ne sert qu’à marquer des repères dans une vie, histoire de ne pas avoir le sentiment de sombrer. Et puis, à quoi cela servirait de marquer d’une croix rouge sur un calendrier, des évènements et faits qui appartenaient au passé ? Quoi qu’il advienne, c’était arrivé, et personne ne pouvait changer les choses, ni le passé. Les mois changent, les saisons changent, mais pas la nature humaine. Un long soupir s’échappa de la silhouette, qui avait instinctivement resserré les bras autour d’un corps devenu faible, laissant une légère buée sur la vitre de cette fenêtre. Elle tira les rideaux, plongeant la pièce dans la pénombre, et prit place à un bureau, où l’attendait ce qui pourrait ressembler à un vieux grimoire. En réalité, ce n’était rien d’autre qu’un « livre des ombres », comme les sorciers l’appellent, que Pandora avait acquis avant son départ de Syberia, vengeresse. Le meilleur moyen qu’elle avait trouvé garder une trace du passé, les reléguer dans ce livre. Une fois que cela serait achevé, alors elle pourrait reprendre sa non-vie.
Tous les habitants de la ville qu’elle avait jadis restaurée avec Mina connaissent son histoire, savent. Mina… lambeau d’un passé dont elle voulait se défaire, à jamais. Aujourd’hui encore, Pandora ne sait pas ce qu’il s’est produit ce jour là, dans la salle du conseil. Si l’on fait l’impasse sur la présence de Julien… La seule chose qu’elle sait, c’est que celle qu’elle avait un jour considérée comme sa sœur s’était « transformée » en quelqu’un qu’elle ne connaissait pas, et avec qui les liens tissés au fil des ans s’étaient peu à peu étiolés, pour finir par disparaître. Le manoir, qui était leur demeure, est redevenu ce qu’il était : une sombre bâtisse sombre, froide et humide, où seul Théodore devait encore se trouver, savourant sa victoire tout en tentant de se vautrer dans un fauteuil, sans passer au travers. Piètre consolation, mais imaginer cet être imbu de lui-même s’énerver de ne pouvoir reprendre réellement possession des lieux lui arracha malgré tout un sourire. Puis vinrent les trahisons, l’arrivée de cette fondation, dont la puissante sorcière faisait partie et qui, contre toute attente, était parvenue à modifier le cours des cycles solaires et lunaires, mettant à mal la majeure partie des castes de la ville. Lorsque tout fut enfin fini, lorsque les choses furent redevenues normales en Syberia, Pandora la quitta, sans se retourner… Les errances reprirent, mais elles avaient un but : la vengeance.
Londres.Afflux subit de souvenirs, qu’elle se contenta de chasser d’un geste de la main, si l’on peut dire. Son but principal était de recueillir des informations, des noms et surtout, une adresse fiable. Bien entendu, quelques vies furent sacrifiées, à la fois pour se ressourcer, s’hydrater, mais aussi parce que des imprudents n’avaient vu en elle qu’une femme, proie facile pour leurs bas instincts, et avaient cru pouvoir la leurrer avec de fausses adresses et autres fariboles. Une fois la maison mère atteinte, Pandora n’avait pas mis de gants, et avait usé d’une brutalité et d’un sadisme sans bornes avec ses victimes. Elle-même ne se serait probablement pas tout à fait reconnue, mais les quelques proches qu’elle fréquentait encore vous auraient certifié qu’ils retrouvaient bien là celle qu’ils avaient connue, avant, avant Syberia. Son méfait accomplit, elle prit ensuite un peu de bon temps dans cette ville historique, profitant de quelques soirées mondaines qui étaient données par les principaux dirigeants de la Fondation. La suite fut aisée, les charmes d’une femme sont toujours utiles, lorsqu’il s’agit de convoitise… Curieusement, elle n’eut pas envie d’achever le dernier de leurs représentants trop rapidement. Elle avait envie de jouer un peu, voir jusqu’où la résistance humaine pouvait aller. Inutile de préciser de quelle façon elle s’est amusée avec ce Gordon, il ne faudrait pas choquer les yeux innocents qui pourraient lire ce passage de sa sombre vie. Un instinct primaire l’avait guidée, l’avait poussé à vouloir en savoir plus sur cette Fondation. Qu’elle ait réussi, avec autant de facilité à tous les rayer de la surface de notre mère Gaïa était inconcevable, impensable. C’est ainsi que Gordon, banquier de son état, passa la pire nuit de sa vie, mais aussi la toute dernière…
Forte des informations dont elle disposait maintenant, qu’elle n’avait pas notées mais mémorisées, afin d’être sûre qu’elles ne tomberaient pas dans d’autres mains que les siennes, Pandora avait prit la direction de la Louisiane, là encore sans prévenir qui que ce soit. Pourtant, il lui avait semblé reconnaître une vieille amie, à l’une de ces soirées, mais elle s’était sûrement trompée. Sa première « escale » fut pour la Nouvelle-Orléans, où elle put constater que non seulement la ville avait prospéré, mais aussi que les êtres de la nuit qui la peuplaient à son départ s’y trouvaient toujours. Cependant, elle ne s’y attarda pas. Autre destination, autre but, mêmes motivations : Erra et ses membres.
Bâton-Rouge.Il lui fallait brouiller les pistes. Observée elle l’était, le savait, et en jouait. Minauderies lors de ses nombreuses sorties nocturnes, amabilité forcée mais parfaitement simulée, elle se devait de passer pour une nouvelle habitante, dite normale. Une nouvelle riche, comme on aurait pu la qualifier au 20ème siècle. Pourtant, elle parvint tant bien que mal à acquérir une superbe demeure victorienne – que voulez vous, on ne change pas les vieilles habitudes sous de faux prétextes ! – et à engager un peu de personnel à son service, qu’elle payait grassement, pour qu’ils ne posent aucune question… vous, en revanche, vous devez vous demander d’où pouvait lui venir une telle fortune… Gordon, vous savez, le banquier ? Un testament est si vite rédigé, de nos jours ! Pandora y a pris ses quartiers, et est parvenue à se faire apprécier…
La fatigue avait fait son œuvre, Pandora avait accompli ce qu’elle souhaitait, il lui fallait maintenant prendre un repos nécessaire. Ce qui l’attendait dans les mois à venir ne serait pas simple, ni gagné d’avance.
Elle referma le précieux livre, reboucha son stylo plume, et se leva sans un bruit, pour se réfugier dans cette couche qui l’appelait depuis de nombreuses heures déjà. Elle était satisfaite, elle se sentait libre.
Malgré cela, elle était furieuse, la colère s’altérant en rage. Une rage qu’elle avait désormais appris à craindre, car elle concluait toutes ses tentatives « d’humanisation » de la même manière… elle se métamorphosait en glace, peu à peu. Alors, Julien, cette nouvelle vie qui s’offrait à elle, ses connaissances ou « amis » allaient cesser d’exister à ses yeux. Jusqu’à n’éprouver qu’une froide indifférence… mais n’est pas déjà trop tard ?

Tu veux un ballon Georgie ?! Ils flottent tous en bas !